Un rapport révèle un chiffre colossal sur les migrations climatiques
- Jean Pierre Meo
- 20 nov. 2025
- 2 min de lecture
En plein cœur de la COP30 à Belém, une question s’impose : le changement climatique peut-il réellement pousser des populations entières à migrer ? Montée des eaux, sécheresses et pertes agricoles deviennent des facteurs de départs de plus en plus visibles. Certains scénarios évoquent des dizaines, voire des centaines, de millions de déplacés d’ici 2050. Mais que disent vraiment les chiffres les plus récents ?

Un déplacement forcé lié aux impacts du changement climatique est un phénomène qui pourrait concerner des dizaines de millions de personnes d’ici 2050. © XD avec ChatGPT
Par Cécile Breton - Journaliste - Publié le 20 novembre 2025
Selon le rapport Groundswell de la Banque mondiale (2021), régulièrement cité encore en 2024-2025, jusqu'à 216 millions de personnes pourraient devoir migrer à l'intérieur de leur pays d'ici 2050, à cause de la dégradation environnementale : sécheresses chroniques, baisse des rendements agricoles, montée des eaux ou intrusion saline dans les sols.
Cette projection concerne six grandes régions, parmi lesquelles l'Afrique subsaharienne (potentiellement 86 millions de déplacements), l'Asie du Sud et l'Asie-Pacifique. Une mise à jour publiée par la fondation Bosch en 2025 rappelle que ces migrations toucheront d'abord les villes, qui devront absorber à elles seules la majorité des mobilités internes.
Il ne s'agit pas d'un exode international massif. La très grande majorité de ces déplacements seraient internes, souvent invisibles ou mal comptabilisés. Dans un scénario avec adaptation financée et planification urbaine, ces chiffres pourraient fortement diminuer.
Une réalité plus complexe
Les travaux récents montrent que le lien « climat/exil » est plus complexe qu'on ne le croit. Selon le Global Report on Internal Displacement 2025 (IDMC), plus de 250 millions de déplacements internes ont déjà été provoqués par des catastrophes naturelles au cours des dix dernières années. Les événements extrêmes (inondations, sécheresses soudaines, tempêtes) sont les principaux responsables.

Sécheresse extrême et montée des eaux sont deux facteurs majeurs identifiés comme moteurs de migrations climatiques internes. © Jelena, Adobe Stock.
Cependant, les chercheurs rappellent que le climat n'agit jamais seul. Conflits politiques, pauvreté, urbanisation rapide ou absence d'infrastructures résilientes se combinent aux perturbations climatiques pour accélérer les départs.
Le Giec, dans son dernier rapport (AR6), insiste sur ce point : la migration peut être un outil d'adaptation, à condition qu'elle soit accompagnée et choisie, mais elle devient un risque si elle est forcée.
Certaines estimations beaucoup plus élevées, jusqu'à 1,2 milliard de personnes « exposées » au risque de déplacement climatique d'ici 2050, circulent dans la presse, mais elles ne reposent pas sur des modèles démographiques solides. Elles proviennent d'évaluations de vulnérabilité environnementale, et non de modèles migratoires.
Autrement dit : la migration climatique n'est pas un scénario apocalyptique écrit, mais un signal d'alerte. Les décisions prises aujourd'hui, en urbanisme, politique agricole, gestion de l'eau, financement de l'adaptation, pourraient encore changer la trajectoire.
Et si la COP30 devait aussi redéfinir le droit de rester ?
Alors que la COP30 se tient en ce moment même à Belém, au cœur de l'Amazonie, un thème s'impose progressivement dans les couloirs des négociations : faut-il considérer la migration comme l'un des visages majeurs du changement climatique ?
Face à des projections alarmantes sur les migrations climatiques, sommes-nous réellement prêts à mesurer, et à anticiper, l'ampleur du déplacement humain à venir ?












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