Les « polluants éternels » ne le sont peut-être plus : cette découverte scientifique change tout !
- Jean Pierre Meo
- 5 févr.
- 3 min de lecture

Ils sont partout, invisibles, persistants, et potentiellement dangereux. Depuis des décennies, les scientifiques cherchent un moyen efficace de se débarrasser des polluants chimiques éternels. Aujourd’hui, une équipe internationale affirme avoir franchi un cap majeur, grâce à un matériau capable de piéger ces contaminants à une vitesse jusqu’ici inédite.
Article rédigé par Cécile Breton - Journaliste - Publié le 5 février 2026 - Futura Sciences
Connues sous le nom de PFAS (substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées), ces molécules synthétiques sont utilisées depuis les années 1940 pour leurs propriétés imperméabilisantes et anti-graisse. On les retrouve dans les vêtements, les tissus d'ameublement, les poêles antiadhésives, les emballages alimentaires ou encore les mousses anti-incendie.
Le problème ? Leur liaison carbone-fluor est si stable qu'il faudrait des milliers d'années pour qu'elles se dégradent naturellement. Résultat : les PFAS contaminent aujourd'hui l'eau, les sols, l'air et même nos organismes. Deux d'entre elles, le PFOA et le PFOS, sont déjà associées à des risques accrus de cancers, de maladies cardiovasculaires, de troubles de la fertilité et de malformations congénitales.
Plus de 12 000 variantes circulent encore avec des effets sanitaires largement inconnus. Si gouvernements et industriels tentent d'agir, les solutions actuelles restent lentes et génèrent parfois des déchets secondaires.

Illustration du matériau LDH (cuivre-aluminium) capturant les PFAS entre ses couches, avant leur destruction chimique, un procédé capable d’éliminer ces polluants persistants en quelques minutes. © Rice University/Advanced Materials
Un matériau capable de capturer les PFAS en quelques minutes
Des chercheurs de Rice University, aux États-Unis, et des partenaires internationaux ont mis au point une nouvelle méthode de filtration reposant sur un hydroxyde double lamellaire (LDH), un matériau associant cuivre, aluminium et nitrate.
Sa particularité : une structure en couches légèrement déséquilibrées électriquement, qui attire littéralement les molécules de PFOA et les fixe solidement au filtre. En laboratoire, ce LDH a capturé les PFAS plus de mille fois mieux que d'autres matériaux testés, et surtout près de cent fois plus vite que les filtres à charbon actif classiques, éliminant de grandes quantités de polluants en quelques minutes seulement.
L'efficacité du procédé a été vérifiée sur de l'eau contaminée provenant de rivières, de robinets et même de stations d'épuration avec des résultats jugés très prometteurs.
Un filtre régénérable qui détruit aussi les polluants
Autre avancée clé : une fois saturé, le matériau peut être « nettoyé ». Les chercheurs chauffent le filtre et y ajoutent du carbonate de calcium. Cette étape permet à la fois de régénérer le LDH pour une réutilisation future et de briser le squelette fluoré du PFOA, détruisant efficacement le polluant. Les résidus fluorés et calciques restants peuvent ensuite être éliminés sans risque en décharge, explique l'équipe dans son étude publiée dans Advanced Materials.
« Nous sommes enthousiasmés par le potentiel de cette technologie unique pour transformer le traitement des eaux contaminées par les PFAS dans un avenir proche », souligne Michael Wong, ingénieur à l'Université Rice.
Encore au stade expérimental, cette solution pourrait à terme s'intégrer aux systèmes de traitement de l'eau potable et des eaux usées. Une étape de plus vers l'éradication de ces polluants persistants et peut-être, enfin, un moyen concret de reprendre le contrôle sur une contamination mondiale silencieuse.











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