Alpha du Centaure en 20 ans au lieu de 100 000 : des mini-vaisseaux propulsés par la lumière ouvrent une piste folle
- Jean Pierre Meo
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Propulsés uniquement par la lumière, les « métajets » pourraient bouleverser l’exploration spatiale en supprimant carburant et moteurs. Une avancée qui ouvre la voie à des voyages interstellaires vers Alpha du Centaure en quelques décennies seulement.
Article rédigé par Sylvain Biget - Journaliste, télépilote professionnel de drones et réalisateur de documentaires - Publié le 1 mai 2026
Avec nos fusées actuelles, il faudrait quelques centaines de milliers d'années pour pouvoir accéder à notre voisine stellaire la plus proche, Alpha du Centaure. Pour accélérer la cadence et la réduire radicalement à une vingtaine d'années, des chercheurs du département de génie mécanique de l'université Texas A&M, aux États-Unis, ont trouvé une solution.
Elle repose sur un système de propulsion optique. L'engin spatial porterait le nom de « Metajet » et il existe déjà sous la forme de mini-engins, certes à l'échelle microscopique mais totalement fonctionnels.
Chaque année, des entreprises et des agences spatiales lancent des centaines de fusées dans l'espace, et ce nombre devrait croître considérablement avec les missions ambitieuses vers la Lune, Mars et au-delà. Mais ces rêves reposent sur un défi crucial : la propulsion, c'est-à-dire les méthodes utilisées pour propulser les fusées et les engins spatiaux. Pour rendre les voyages interplanétaires plus rapides, plus sûrs et plus efficaces, les scientifiques ont besoin de percées technologiques dans le domaine de la propulsion. L'intelligence artificielle est l'une des technologies qui a commencé à apporter certaines de ces avancées indispensables.... Lire la suite
Ces petits robots parviennent à se soulever et se diriger dans toutes les directions sans carburant, sans moteur et sans aucun contact physique. La propulsion est uniquement assurée par la pression provoquée par la lumière. Car, oui, la lumière exerce une petite force lorsqu'elle frappe un objet et lui transmet un peu de son énergie et de son mouvement. Ce phénomène est connu sous le nom de « pression de radiation » depuis plus d'un siècle. D'ailleurs, de véritables engins spatiaux à voile solaire utilisent ce phénomène de rayonnement du Soleil pour se diriger.
La pression de la lumière
Le problème reste de pouvoir contrôler le mouvement généré. Il faut pouvoir le diriger avec précision et manœuvrer. Cette précision est d'autant plus importante s'il s'agit d'une navigation à haute vélocité sur de très longues distances. Pour régler le souci, les métajets des scientifiques sont constitués de matériaux ultra-fins structurés à l'échelle nanométrique. Ils sont capables de rediriger précisément la lumière.
Dans leur expérimentation, lorsqu'un faisceau laser frappe ces minuscules surfaces, les motifs réfractent ou diffusent la lumière dans la direction souhaitée. Le changement de direction de la lumière engendre une force de réaction égale et opposée sur l'objet. Avec ce procédé, les motifs nanométriques gravés sur la métasurface peuvent restituer des forces simultanément dans plusieurs directions. Au final, les métajets se déplacent, s'élèvent et/ou avancent dans toutes les directions.
Pour revenir au voyage interstellaire, la force de propulsion dépend de la puissance de la lumière plutôt que de la taille du dispositif.
Voyager vers une autre étoile que le Soleil relève-t-il encore de la science-fiction ? Ou bien, comme Elon Musk, faut-il préparer l’humanité à l’exode interstellaire ? Qu’en pensent les astrophysiciens ? Quelles quantités d’énergie faudrait-il mobiliser ? Comment abolir les distances physiques sans consumer les ressources de la Planète ? La réponse pourrait bien nous ramener… sur Terre.... Lire la suite
Cela signifie qu'un engin léger capable d'exploiter une forte pression de radiation pourrait accélérer à une fraction significative de la vitesse de la lumière. De quoi atteindre Alpha du Centaure en une vingtaine d'années au lieu de centaines de milliers d'années, selon les chercheurs. Mais pour le moment, les prototypes sont moins épais qu'un cheveu. Difficile d'imaginer qu'un véritable véhicule interstellaire puisse être conçu de notre vivant.








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