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Quand la technologie sert à sensibiliser au handicap

Et si la bombe atomique n'était pas le seul moyen de dissuasion dans l'espace ?

La Space Force considère l’espace comme un nouveau champ de bataille, venant s'ajouter à la terre, aux mers et au ciel. Quels sont les risques de l’usage d'une bombe atomique dans l’espace ? Est-ce le seul moyen de dissuasion ? On revient sur l’essai Starfish Prime et les tirs de missiles anti-satellite.


Au sommaire


Le 9 juillet 1962, une fusée Thor décolle depuis l'atoll Johnston, au milieu de l'océan Pacifique. À bord se trouve une tête nucléaire W49. Elle explose à 400 kilomètres d'altitude, en orbite basse. C'est le plus puissant essai atomique jamais réalisé en haute altitude. En conséquence, plusieurs satellites sont endommagés ou détruits.


Aujourd'hui, alors que la Russie a exporté la guerre en Ukraine jusque dans l'orbite terrestre, le fantôme de Starfish Prime refait surface. Que se passerait-il cette fois-ci en cas d'escalade ? Quelles seraient les conséquences pour les satellites et pour les sociétés ? Tandis que l'on commémore les 80 ans des tragédies d'Hiroshima et de Nagasaki, le débat sur la dissuasion dans l'espace revient sur le devant de la scène.



Plusieurs essais atomiques en haute altitude ont précédé celui de Starfish Prime. Trois ont eu lieu dans la stratosphère et trois autres au-delà (tirs Argus, 1958), à plusieurs centaines de kilomètres d'altitude. Toutefois, les essais Argus ont été trop peu documentés pour savoir s'ils ont eu un réel effet sur l'environnement spatial. Chacun a généré un grand disque d'électrons en orbite basse, passant au-dessus des États-Unis pour neutraliser d'éventuelles attaques nucléaires soviétiques, mais ces disques se sont vite dissipés.

Explosion nucléaire dans l'espace, archives. © NNSS


Mille fois supérieure à celle des tirs Argus, la puissance de la dénotation de Starfish Prime est de 1,4 mégatonne. L'explosion à 400 kilomètres d'altitude est visible depuis Honolunu, à Hawaï, et suivie par de nombreuses stations scientifiques disséminées dans le Pacifique, ainsi qu'une quinzaine d'avions. Vingt-sept fusées sondes sont tirées depuis l'atoll de Johnston afin de mesurer les effets sur la magnétosphère terrestre.



Les effets au sol sont minimes, mais Starfish Prime crée le chaos dans l'espace. Une étude de la Nasa de 2015 a indiqué que l'explosion a généré 100 000 000 000 000 000 000 000 000 000 (cent milliards de milliards de milliards) d'électrons à haute énergie. Le retour d'une partie d'entre eux dans l'atmosphère terrestre a même créé une aurore artificielle visible depuis tout l'ouest du Pacifique.



Aurore vue depuis Hawaï suite à l'explosion de Starfish Prime. © US Govt. Defense Threat Reduction Agency


Dans l'espace, l'explosion crée des champs magnétiques supplémentaires qui viennent renforcer la ceinture inférieure de Van Allen. Les effets pour les satellites qui la traversent sont dévastateurs. Le flux de particules ionisées endommage les circuits électriques ainsi que les panneaux solaires. Huit satellites subissent des dommages irréversibles, trois d'entre eux sont perdus.


Jugeant que cela peut être dangereux pour la santé des astronautes et pour ses propres satellites, l'administration américaine suspend les essais atomiques au-delà de l'atmosphère. En 1967, le Traité de l'espace bannit les armes nucléaires dans l'espace. Aujourd'hui, le regain de tensions entre les États-Unis et la Russie ravive la crainte d'un retour d’armes nucléaires en orbite, considéré comme le summum d'une course à l'arsenalisation de l'espace. Déjà, des rumeurs non vérifiées suspectant la Russie persistent.


Nombre de satellites envoyés dans l'espace. Au 31 juillet 2025, déjà plus de 2 000 satellites ont été mis en orbite depuis le 1er janvier. La population de satellites en orbite basse, déjà trop forte, continue de croître de manière quasi exponentielle. © Daniel Chrétien, Spacekiwi



En 1962, il y avait très peu de satellites en orbite. Aujourd'hui, l’ESA indique qu'il y a plus de 12 000 satellites en orbite. La plupart d'entre eux sont en orbite basse et appartiennent au réseau Starlink de SpaceX. Autant dire qu'une explosion nucléaire en orbite basse serait fatale à des milliers de satellites. Et contrairement à 1962, les sociétés sont devenues dépendantes de ces satellites (communication, GPS, observation de la Terre, etc.). Ainsi, une perte massive de satellites serait ressentie sur toute la planète.

S'il est encore peu probable que l'on ait un jour une nouvelle explosion nucléaire dans l’espace, les armées poursuivent la course à son arsenalisation. L'US Space Force considère désormais que c'est un champ de bataille et plusieurs puissances (États-Unis, Russie, Chine, France, etc.) se préparent à défendre leurs satellites les plus stratégiques. Beaucoup de démonstrations visent à neutraliser un satellite sans créer de débris spatiaux, car les conséquences seraient une fois encore problématiques à grande échelle.



Si elles ne sont pas en mesure d'assurer la sécurité de leurs satellites face à une attaque, certaines puissances spatiales (États-Unis, Chine, Russie, Inde) n'hésiteront pas à faire usage d'un missile anti-satellite. Chacune d'entre elles a déjà réalisé des essais, générant à chaque fois des centaines, voire des milliers de débris demeurant parfois ad vitam en orbite. Le plus récent remonte au tir russe de 2021, dont les débris ont mis en danger les astronautes des stations spatiales chinoise et internationale (où paradoxalement se trouvent des astronautes russes).


Largage d'un missile anti-satellite par l'US Air Force. © Usaf


Depuis, plusieurs pays dont les États-Unis ont signé l'accord ASAT-ban, qui interdit les essais de missiles anti-satellite, car la plupart des 12 300 satellites actifs en orbite terrestre sont apparus ces dernières années. Un tir de missile Asat provoquerait aujourd'hui un nuage de débris qui toucherait certainement d'autres satellites, déclenchant alors une réaction en chaîne décrite par l'effet Kessler qui condamnerait plusieurs orbites pendant des années, voire éternellement. Les effets seraient alors ressentis chez tous les protagonistes d'un conflit spatial, et tous les autres pays seraient des victimes collatérales.


On peut donc se poser la question aujourd'hui. Dans un environnement spatial actuellement surpeuplé, peut-on encore considérer un missile anti-satellite comme une arme ou comme un moyen de dissuasion ?


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