Une maladie tue en silence… et la moitié de ses victimes ne savent même pas qu’elles sont malades
- Jean Pierre Meo
- 16 sept. 2025
- 2 min de lecture

Une nouvelle étude révèle qu'une part importante de la population diabétique mondiale reste non diagnostiquée ou insuffisamment traitée, faisant craindre une « épidémie silencieuse » dans les décennies à venir. Près d’une personne diabétique sur deux dans le monde ignore qu’elle souffre de cette maladie.
Sources : Futura-sciences.com
C’est le constat préoccupant d’une vaste étude, publiée dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, qui dresse un tableau inquiétant de la prise en charge du diabète à l’échelle mondiale.
Les jeunes adultes, premiers oubliés du dépistage
Selon cette recherche menée par l’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) de l’Université de Washington (États-Unis), 44 % des personnes diabétiques âgées de 15 ans et plus ne sont pas conscientes de leur état. Plus alarmant encore, ce sont les jeunes adultes qui présentent les taux de sous-diagnostic les plus élevés, alors même qu’ils font face à des risques accrus de complications à long terme.
Le saviez-vous ? Après plusieurs années d’évolution du diabète, des complications chroniques peuvent apparaître. Les plus fréquentes concernent le cœur et les artères, les yeux, les reins, les nerfs et les pieds.
« D’ici 2050, 1,3 milliard de personnes devraient vivre avec le diabète, et si près de la moitié d’entre elles ignorent qu’elles souffrent d’une maladie grave et potentiellement mortelle, cela pourrait facilement devenir une épidémie silencieuse », prévient Lauryn Stafford, chercheuse à l’IHME.
Des défaillances dans le parcours de soin
L’étude, qui a analysé la prise en charge du diabète dans 204 pays et territoires de 2000 à 2023, met également en lumière les failles dans le traitement de la maladie :
parmi les personnes diagnostiquées, 91 % reçoivent un traitement pharmacologique ;
mais seulement 42 % de ces patients traités parviennent à maintenir leur glycémie à un niveau optimal ;
au bout du compte, à peine 21 % de l’ensemble des diabétiques dans le monde bénéficient d’une gestion optimale de leur maladie.

C'est en Afrique centrale subsaharienne que le dépistage est le plus défaillant : moins de 20 % des diabétiques se savent touchés par une maladie grave et potentiellement mortelle. © Dragana Gordic, Adobe Stock
De grandes disparités dans le monde
Malgré une amélioration globale au cours des deux dernières décennies, l’étude révèle d’importantes disparités régionales, particulièrement dans les pays à revenu faible et intermédiaire :
l’Amérique du Nord présente les taux de diagnostic les plus élevés ;
la région Asie-Pacifique affiche les meilleurs taux de traitement parmi les personnes diagnostiquées ;
le sud de l’Amérique latine obtient les meilleurs résultats en matière de gestion optimale de la glycémie ;
à l’inverse, l’Afrique subsaharienne centrale fait face aux plus grandes lacunes en matière de diagnostic, avec moins de 20 % des diabétiques conscients de leur état.
L’urgence d’investir dans le dépistage et l’accès aux soins
Compte tenu de la rapidité à laquelle les cas augmentent, les chercheurs soulignent l’urgence d’investir dans des programmes de dépistage pour les jeunes et dans l’accès aux médicaments et aux outils de surveillance de la glycémie, en particulier dans les régions mal desservies.
Rappelons qu’en 2022, l’OMS s’est fixé un objectif : que 80 % des personnes diabétiques soient diagnostiquées cliniquement d’ici 2030.












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