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Ronger la tumeur de l'intérieur : la stratégie bactérienne qui change la donne contre le cancer

On les associe spontanément aux infections. Pourtant, certaines bactéries pourraient un jour devenir des armes thérapeutiques redoutablement ciblées. Une équipe de recherche canadienne mise sur leur capacité à coloniser les zones les plus inaccessibles des tumeurs pour ouvrir une nouvelle voie dans la lutte contre le cancer.


Article rédigé par Christelle Cherrier - Rédactrice web - Publié le 27 février 2026 - Futura sciences


Une équipe de chercheurs de l'University of Waterloo publie de nouveaux résultats fascinants sur une approche totalement innovante contre certains cancers.

Dans une étude scientifique parue dans ACS Synthetic Biology, les auteurs décrivent comment ils ont modifié génétiquement des bactéries pour qu'elles s'attaquent directement aux tumeurs solides, en les colonisant et en consommant littéralement le cœur depuis l'intérieur. Reste une question essentielle : comment transformer une bactérie du sol en outil thérapeutique précis et sûr ?


Une bactérie « affamée » qui cible les zones les plus dures


Le principe repose sur une bactérie bien connue des microbiologistes : Clostridium sporogenes, un micro-organisme présent naturellement dans le sol. Cette espèce a une particularité utile : elle ne peut se multiplier que dans un milieu totalement dépourvu d'oxygène. Et c'est justement une caractéristique idéale face aux tumeurs solides, dont le cœur manque d'oxygène et est riche en nutriments, car les cellules cancéreuses y sont mortes ou épuisées.


« Les spores bactériennes pénètrent dans la tumeur et y trouvent un environnement riche en nutriments mais pauvre en oxygène, ce qu'elles préfèrent. Elles commencent alors à se nourrir de ces nutriments et à se développer, explique le Dr Marc Aucoin, professeur de génie chimique à Waterloo. Ainsi, nous colonisons maintenant cet espace central et la bactérie élimine progressivement la tumeur de l'organisme. »


Cette approche vise un angle mort des traitements actuels : la zone hypoxique (sans oxygène) située au centre des tumeurs solides. Là, ni les médicaments ni la radiothérapie ne performent suffisamment, mais les bactéries le peuvent.


Et si des bactéries génétiquement modifiées combattaient les tumeurs de l'intérieur ? © tilialucida, Adobe Stock
Et si des bactéries génétiquement modifiées combattaient les tumeurs de l'intérieur ? © tilialucida, Adobe Stock

Un défi majeur : maîtriser l’activation des bactéries dans la tumeur


Le principal obstacle à cette idée simple était la survie des bactéries en périphérie de la tumeur. Là où l'oxygène réapparaît légèrement, les microbes meurent avant d'avoir fini leur travail. Pour contourner ce problème, les chercheurs ont intégré un gène provenant d'une bactérie apparentée, conférant à C. sporogenes une meilleure tolérance à l'oxygène, juste assez pour qu'elle survive en bordure tumorale sans proliférer dans tout l'organisme.


Mais ajouter cette capacité présente un risque évident : des bactéries résistantes à l'oxygène pourraient se développer dans le sang ou d'autres tissus sains. Pour éviter ce scénario, l'équipe a recours à ce qu'on appelle la détection du quorum, un système de communication chimique chez les bactéries qui leur permet de « sentir » leur propre densité.


Concrètement, ce mécanisme agit comme un interrupteur : le gène de résistance à l'oxygène ne s'active que lorsque suffisamment de bactéries se sont rassemblées dans l'environnement anoxique de la tumeur. « Grâce à la biologie synthétique, nous avons construit une sorte de circuit électrique, mais au lieu de fils conducteurs, nous avons utilisé des fragments d'ADN », explique le Dr Brian Ingalls. C'est un peu comme un verrou de sécurité qui empêche l'organisme de se comporter de manière dangereuse ailleurs que là où il est nécessaire.


L'objectif immédiat est maintenant de combiner la tolérance à l'oxygène et le système de détection du quorum dans une seule souche et de l'essayer dans des modèles de tumeurs en conditions précliniques. Si ces tests sont concluants, ils pourraient ouvrir la voie à une nouvelle classe de thérapies bactériennes pour certains cancers solides.


Ce projet, qui rassemble biologistes, ingénieurs et mathématiciens, illustre l'essor de la biologie synthétique pour concevoir des solutions médicales à la fois puissantes et contrôlées.

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