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Thérapie génique : quelles maladies peut-on réellement guérir en modifiant l'ADN ?


La thérapie génique permet de corriger une anomalie génétique directement dans les cellules d’un patient. © florynstudio3, Adobe Stock
La thérapie génique permet de corriger une anomalie génétique directement dans les cellules d’un patient. © florynstudio3, Adobe Stock

La thérapie génique consiste à corriger ou compenser une anomalie génétique directement dans les cellules d’un patient. Longtemps expérimentale, cette approche a commencé à produire des résultats cliniques concrets pour certaines maladies rares. Elle reste toutefois limitée à des situations bien précises.




Article rédigé par Stéphanie Le Guillou - Journaliste Santé - Publié le 17 mars 2026


Depuis plusieurs décennies, les chercheurs explorent une idée simple en apparence : réparer un gène défectueux pour traiter la maladie qu'il provoque. Cette stratégie, appelée thérapie génique, repose sur la modification du matériel génétique présent dans les cellules. L'ADN correspond à la molécule qui contient l'ensemble des instructions nécessaires au fonctionnement de l'organisme. Lorsque l'une de ces instructions est altérée, certaines maladies peuvent apparaître. La question reste toutefois ouverte : dans quelles situations cette approche permet-elle réellement de guérir un patient ?


Les maladies génétiques simples sont les premières cibles


La thérapie génique a d'abord été développée pour des maladies dites monogéniques. Ce terme désigne des pathologies causées par l'altération d'un seul gène. Dans ce contexte, remplacer ou corriger ce gène peut suffire à restaurer une fonction biologique. Pour introduire le gène thérapeutique dans les cellules, les chercheurs utilisent généralement des vecteurs viraux. Un vecteur viral est un virus modifié en laboratoire afin qu'il transporte un fragment d'ADN sans provoquer d'infection. Une fois injecté dans l'organisme ou dans des cellules prélevées chez le patient, ce vecteur permet d'apporter une copie fonctionnelle du gène.


Plusieurs maladies ont déjà bénéficié de cette approche. Les déficits immunitaires sévères constituent un exemple bien documenté. Dans ces maladies rares, certaines cellules du système immunitaire ne fonctionnent pas correctement en raison d'une mutation génétique. La correction du gène dans les cellules souches sanguines peut permettre de reconstituer un système immunitaire actif. La thérapie génique a également été utilisée pour certaines maladies du sang. La drépanocytose et la bêta-thalassémie, deux pathologies liées à des anomalies de l'hémoglobine, font aujourd'hui l'objet d'essais cliniques avancés.


L'hémoglobine est la protéine contenue dans les globules rouges qui transporte l'oxygène dans le sang. En modifiant les cellules souches de la moelle osseuse, les chercheurs peuvent rétablir une production plus normale de cette protéine. Certaines maladies oculaires rares représentent une autre indication déjà traitée. Dans des formes particulières de cécité héréditaire, l'injection locale d'un gène fonctionnel dans la rétine permet de restaurer partiellement la fonction visuelle.


La thérapie génique a déjà permis de corriger certaines formes de cécité. © llhedgehogll, Adobe Stock
La thérapie génique a déjà permis de corriger certaines formes de cécité. © llhedgehogll, Adobe Stock

Des technologies nouvelles qui élargissent les perspectives


Au-delà du simple remplacement d'un gène, de nouvelles techniques permettent désormais de modifier directement l'ADN. On parle alors d'édition génomique. Cette approche consiste à intervenir avec précision dans la séquence d'ADN afin de corriger une mutation. L'outil le plus connu est la technologie CRISPR-Cas. Il s'agit d'un système moléculaire capable de couper l'ADN à un endroit précis. Les chercheurs peuvent ensuite corriger la séquence génétique lors de la réparation naturelle de la molécule. Cette stratégie ouvre des perspectives pour un nombre plus large de maladies.


Cependant, les maladies les plus complexes restent difficiles à traiter par thérapie génique. Beaucoup de pathologies fréquentes, comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires, impliquent l'action combinée de nombreux gènes ainsi que des facteurs environnementaux. Dans ces situations, modifier un seul gène ne suffit généralement pas à corriger le problème biologique. Les chercheurs travaillent aussi sur l'utilisation de ces techniques dans certains cancers. L'objectif n'est pas toujours de corriger l'ADN des cellules tumorales, mais plutôt de modifier génétiquement des cellules du système immunitaire afin qu'elles reconnaissent et détruisent les cellules cancéreuses.


La thérapie génique reste donc une approche en évolution rapide. Les traitements actuellement disponibles concernent surtout des maladies rares bien identifiées, tandis que les technologies d'édition génomique continuent d'élargir le champ des possibilités étudiées par la recherche biomédicale.

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