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Movember : le point sur le cancer de la prostate


À l’occasion de l’événement Movember, dont l’objectif est de sensibiliser aux cancers masculins pendant le mois de novembre, des membres de l’équipe médicale de l’hôpital Saint-Joseph (Paris) ont fait le point sur la prise en charge du cancer de la prostate au cours d’une conférence scientifique ouverte au plus grand nombre qui s’est déroulée le 12 novembre. Ce cancer est le plus fréquent chez l’homme, avec environ 60 000 nouveaux cas par an, principalement après 50 ans.

Par Jean-Bernard Gervais   |   Publié 14 nov. 2025


Dépistage


La Dre Anaïs Chhang, médecin généraliste, a dans un premier temps apporté son éclairage sur le dépistage du cancer de la prostate : « Il est important de noter que cette maladie évolue lentement et que le dépistage repose principalement sur 2 examens : la prise de sang pour doser le PSA (un marqueur spécifique de la prostate, mais non du cancer) et le toucher rectal, un examen clinique indolore. Si le PSA est élevé, des examens complémentaires peuvent être nécessaires ». Le dépistage doit être proposé à tous les hommes de plus de 50 ans ou à partir de 45 ans, « surtout en cas d’antécédents familiaux ou selon votre origine géographique (africaine ou caribéenne) », précise la Dre Chhang. 


Traitements des cancers localisés


Le Dr Albert Semaan, urologue, a présenté pour sa part les traitements du cancer de la prostate. Dans le cadre du traitement du cancer de la prostate, il a rappelé que la prise en charge dépendait du type de cancer : localisé ou métastatique.

Pour les cancers localisés, il existe différentes alternatives de prise en charge en fonction du risque faible, intermédiaire ou élevé de progression.


Ainsi, il a rappelé que, pour les patients présentant des cancers de la prostate à risque faible ou intermédiaire, la surveillance active peut être envisagée, bien qu’elle soit principalement indiquée pour les cancers à faible risque de progression. « La prostatectomie totale est généralement recommandée dans le cadre des cancers prostatiques localisés à risque intermédiaire, mais elle peut également s’adresser aux formes à haut risque. La prostatectomie totale, avec ou sans curage, est réalisée par chirurgie ouverte, cœlioscopique ou robot-assistée. Le chirurgien utilise la technologie pour des gestes précis afin de retirer la prostate et la vésicule séminale, puis effectuer une suture entre vessie et urètre. La radiothérapie externe constitue une option thérapeutique pour les cancers à risque intermédiaire et élevé, pouvant être associée ou non à une hormonothérapie. Elle détruit les cellules cancéreuses grâce à des rayons ciblés, peut être associée à un traitement hormonal pour en renforcer l’efficacité. La curiethérapie est réservée, dans certaines situations, aux cancers localisés non invasifs présentant un risque faible ou intermédiaire.Elle consiste à implanter des sources radioactives dans la prostate pour cibler précisément les cellules cancéreuses », a-t-il ajouté. 


Avant 75 ans, on privilégie la chirurgie ; après cet âge, la radiothérapie est préférée.Par ailleurs, les ultrasons focalisés de haute intensité sont proposés dans la prise en charge des cancers de la prostate localisés, essentiellement dans les formes à faible risque ainsi que dans quelques cas à risque intermédiaire. Il convient de préciser que la surveillance active représente une prise en charge et ne doit pas être confondue avec une simple observation, selon le Dr Semaan. 


Traitements des cancers métastatiques


Dans le cas de cancers métastatiques, plusieurs modalités thérapeutiques existent également : « Parmi les traitements du cancer de la prostate, on trouve l’hormonothérapie, qui réduit le taux de testostérone afin de bloquer la croissance des cellules cancéreuses, avec une efficacité reconnue malgré des effets secondaires. La chimiothérapie utilise des molécules spécifiques et peut être combinée à l’hormonothérapie pour optimiser le traitement, notamment dans les formes métastatiques ». 


Effets secondaires


Le Dr Benjamin Carolus, chirurgien-urologue, s’est attaché à décrire les conséquences de ces traitements, essentiellement urinaires et sexuels. « La prostatectomie totale consiste à retirer la prostate, souvent par chirurgie cœlioscopique assistée par robot. L’une des principales séquelles urinaires est l’incontinence urinaire d’effort, soit une perte d’urine lors d’activités physiques, due à la fragilisation du sphincter après l’opération (touchant 6 à 20 % des patients). Sa prise en charge passe d’abord par la rééducation périnéale avec kinésithérapie, et, en cas d’échec, une intervention chirurgicale peut être envisagée », explique-t-il. « La dysfonction sexuelle après traitement est fréquente et dépend de l’âge et de la technique opératoire, notamment de la préservation des nerfs responsables de l’érection. Le taux de dysfonction varie de 40 à 70 %, selon ces facteurs et l’état préalable du patient. Le traitement repose principalement sur des médicaments analogues au Viagra. L’éjaculation disparaît, mais l’orgasme reste possible », poursuit-il. « Si les traitements médicaux échouent, des injections dans la verge peuvent être proposées. La radiothérapie et l’hormonothérapie entraînent aussi des effets secondaires, comme une cystite radique provoquant des brûlures lors de la miction. Les troubles fonctionnels après radiothérapie sont fréquents (40 à 60 % à long terme), mais généralement moins abrupts qu’après chirurgie, et se traitent de la même façon : médicaments, injections ou chirurgie dérivée », explique-t-il encore. Ces conséquences d’ordre urinaire et sexuel sont fréquentes, mais rarement définitives, conclut-il.

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