Cancer du poumon : ce chauffage « écolo » très répandu inquiète de plus en plus les scientifiques
- Jean Pierre Meo
- 22 déc. 2025
- 3 min de lecture

Sept millions de foyers français utilisent le bois pour se chauffer. Une solution jugée écologique et économique. Pourtant, une étude scientifique majeure révèle un danger insoupçonné : les femmes exposées à ce mode de chauffage voient leur risque de développer un cancer du poumon bondir de 43 %. Cette menace silencieuse se cache dans nos intérieurs.
Par la rédaction Futura - Publié le 22 décembre 2025
L'hiver invite naturellement à rechercher des solutions de chauffage performantes et abordables. Dans ce contexte, la biomasse connaît un regain d'intérêt considérable. Mais derrière cette apparente tranquillité du foyer qui crépite se dissimule une réalité sanitaire préoccupante, particulièrement pour la population féminine.
Une recherche américaine d'envergure, la Sister Study, met en lumière les effets nocifs de la combustion domestique du bois sur la santé respiratoire. Cette investigation scientifique nous invite à reconsidérer nos pratiques hivernales et à mieux comprendre les risques associés aux particules fines émises par nos poêles et cheminées.
Une menace invisible dans l'air domestique
La combustion de biomasse génère des composés cancérigènes qui s'accumulent progressivement dans nos habitations. Santé Publique France identifie le chauffage résidentiel au bois comme le principal émetteur de particules fines en France, représentant 43 % des émissions de PM2,5 sur le territoire national. Ces microparticules, invisibles à l'œil nu, pénètrent profondément dans le système respiratoire.
L'étude Sister Study a suivi 50 000 femmes américaines dont les sœurs avaient reçu un diagnostic de cancer. Les participantes ont fourni des informations détaillées sur leurs habitudes : type d'installation, fréquence d'utilisation, nature du combustible. Les résultats, publiés dans Environment International en 2023, confirment l'existence d'un lien direct entre exposition domestique au chauffage au bois et pathologies pulmonaires graves.
Les hydrocarbures aromatiques polycycliques, le benzène et le 1,3-butadiène constituent les principaux agents toxiques libérés lors de la combustion. Ces substances ne disparaissent pas immédiatement après extinction du feu. Elles persistent dans l'atmosphère intérieure, créant une exposition continue. En France, cette pollution atmosphérique domestique contribue à 40 000 décès annuels.

Les femmes face à une vulnérabilité accrue
L'augmentation de 43 % du risque concerne spécifiquement la population féminine. Pour les utilisatrices régulières dépassant 30 jours d'usage annuel, ce pourcentage grimpe jusqu'à 68 %. Plusieurs facteurs expliquent cette disparité entre hommes et femmes face aux effets de la pollution intérieure.
La présence prolongée au domicile constitue le premier élément d'explication. Les femmes passent statistiquement davantage de temps dans l'environnement résidentiel, multipliant ainsi leur exposition aux polluants. Les différences anatomiques jouent également un rôle : leurs voies respiratoires, plus étroites, favoriseraient une sensibilité accrue aux particules fines. L'Organisation mondiale de la Santé classe désormais la pollution de l'air intérieur parmi les dix premières causes de mortalité mondiale.
Adopter les bonnes pratiques pour préserver sa santé
Abandonner totalement le chauffage au bois peut sembler difficile. Néanmoins, des mesures concrètes permettent de réduire significativement les risques tout en maintenant un confort thermique acceptable. Voici les principales recommandations des experts :
Ventiler quotidiennement le logement pendant 10 minutes, matin et soir.
Effectuer un ramonage biannuel obligatoire de l'installation.
Sélectionner des équipements labellisés Flamme Verte.
Utiliser exclusivement du bois sec non traité, avec un taux d'humidité inférieur à 20 %.
Combiner différentes sources de chaleur pour limiter la fréquence d'utilisation.
L'Agence nationale de l'habitat propose des aides financières pour remplacer les installations polluantes par des alternatives plus saines, comme les pompes à chaleur ou les poêles à granulés. Ces dispositifs présentent l'avantage de réduire considérablement les émissions de composés nocifs tout en maintenant une efficacité énergétique satisfaisante.












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