Pollution de l’air : les IRM révèlent des lésions inquiétantes dans le cerveau
- Jean Pierre Meo
- il y a 23 heures
- 3 min de lecture

Troubles de l'apprentissage, déclin de la mémoire et même démence : la pollution de l'air a des conséquences bien plus vastes sur la santé que ce que les scientifiques pensaient jusqu'à maintenant. Une nouvelle étude montre les effets dramatiques sur le cerveau d'une pollution atmosphérique même légère.
Article Publié le 23 mai 2026 et rédigé par Karine Durand - Spécialiste météo extrême et environnement
Publié le 23 mai 2026
Nous savions que la pollution atmosphérique avait des conséquences néfastes sur nos poumons et notre cœur, mais de plus en plus d'études mettent en évidence ses effets sur notre cerveau. Une nouvelle étude, publiée dans la revue médicale Stroke le 13 mai 2026, explique que la pollution de l'air entraîne des troubles cognitifs, et plus encore : c'est un facteur de risque de démence.
La pollution de l’air provoque des lésions dans le cerveau
Des chercheurs canadiens ont analysé les cerveaux de 6 878 adultes entre 2014 et 2018 : ils ont comparé leur taux d'exposition à la pollution aux particules fines et dioxyde d'azote (NO₂) aux résultats d'IRM de leurs cerveaux et à des tests cognitifs. Ils ont ensuite évalué l'impact des polluants sur leurs cerveaux.
Ce qu'ils ont découvert est alarmant. Plus ces adultes sont exposés à la pollution, plus les lésions cérébrales sont importantes, et cela avec des conséquences concrètes : « les particules fines et le NO₂ sont associés à une diminution des scores de fonction cognitive chez les adultes d'âge moyen vivant au Canada, indépendamment des facteurs de risque cardiovasculaires. »

Deux types de polluants très courants et très néfastes
Les PM 2.5 sont des particules de pollution de diamètre inférieur à 2,5 µm. « Comme toute particule, elles sont constituées d'un mélange de différents composés chimiques. En Ile-de-France, elles proviennent majoritairement du chauffage au bois, du trafic routier et des activités de chantier ou sont formées par réactions chimiques à partir de gaz précurseurs présents dans l'atmosphère », explique Airparif.
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Le dioxyde d'azote (NO2) est principalement émis par les véhicules essence et diesel. Airparif estime que beaucoup de Français « sont encore exposés à des concentrations de dioxyde d'azote supérieures aux seuils réglementaires, et la quasi-totalité des Franciliens est exposée à des concentrations de dioxyde d'azote supérieures aux recommandations de l'OMS en matière de qualité de l'air ».
De faibles niveaux de pollution ont déjà un impact
Les résultats de cette étude font écho à ceux de précédentes études, comme celle parue en février 2026 dans Plos Medicine sur le lien entre pollution et Alzheimer. Des chercheurs américains ont analysé les résultats de 27,8 millions de personnes âgées de 65 ans et plus.
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La pollution a un impact réel sur le déclin cognitif. Ceux qui vivent dans des villes ultra polluées ne sont pas les seules victimes, comme l’explique l’auteure principale de l’étude canadienne Sandi Azab : « on décrit souvent l'air du Canada comme étant pur, mais nos résultats suggèrent que même de faibles niveaux de pollution atmosphérique sont liés à une détérioration de la santé cérébrale ».









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