Covid-19 : pourquoi il ne faut pas se fier au taux d’anticorps ?
- Jean Pierre Meo
- 26 mai 2021
- 2 min de lecture
Publié le 26/05/2021 par Céline Deluzarche - Journaliste - futura-sciences.com
Contrairement à l'idée reçue, la chute du niveau d'anticorps ne signifie pas une baisse de l'immunité. Elle indique juste que les anticorps arrêtent de circuler dans le sang, mais leur production est prête à reprendre à la moindre alerte.
Plusieurs études ont suggéré que les personnes asymptomatiques ou atteintes de formes bénignes de Covid développent moins d’anticorps que celles plus sévèrement touchées, et qu'ils disparaissent plus vite (voir ci-dessous). Une nouvelle étude de l'école de médecine de l'Université de Washington vient aujourd'hui battre cette idée en brèche. « Les médias grand public ont interprété la diminution rapide des anticorps comme étant le signe que l'immunité n'est pas durable », explique Ali Ellebedy, professeur d'immunologie à l'origine de l'étude parue dans Nature. « Mais il s'agit d'une mauvaise interprétation des données. Il est normal que les niveaux d'anticorps baissent après une infection, mais ils ne descendent pas à zéro ; ils plafonnent. »

Les plasmocytes sont une forme de lymphocytes B à longue durée de vie qui résident dans la moelle épinière. © extender_01, Adobe Stock
Des cellules productrices d’anticorps « dormantes »
Lors d'une infection virale, les cellules productrices d'anticorps (lymphocytes B) se multiplient rapidement et circulent dans le sang, ce qui entraîne des niveaux d'anticorps très élevés. Une fois l'infection guérie, la plupart de ces cellules meurent et les niveaux d'anticorps sanguins baissent. Mais une petite population de cellules immunitaires, appelées plasmocytes, migre vers la moelle osseuse et s'installe dans la durée, où elles sécrètent continuellement de faibles niveaux d'anticorps dans la circulation sanguine en prévision d'une autre rencontre avec le virus.
“Les cellules restent silencieuses, mais elles continuent à sécréter des anticorps indéfiniment
C'est donc la moelle osseuse qu'il faut examiner pour détecter le niveau de protection. L'équipe d'Ali Ellebedy a recueilli les échantillons de moelle osseuse de 18 patients sept à huit mois après leur infection, et encore quatre mois plus tard pour cinq d'entre eux. La plupart de ces patients n'avaient eu que des formes légères de Covid. Résultat, les chercheurs ont bien retrouvé des anticorps spécifiques au SARS-CoV-2 dans 15 des 18 échantillons, certains présents jusqu'à 11 mois après l'infection. Par comparaison, aucun des patients du groupe témoin (non infectés par le virus) ne possédait de tels anticorps. « Les cellules restent silencieuses, mais elles "attendent" simplement d'entrer en action dans la moelle osseuse, et continuent à sécréter des anticorps indéfiniment », conclut Ali Ellebedy. Le chercheur et ses collègues cherchent à présent à savoir si le vaccin induit également des plasmocytes à longue durée de vie.











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