Santé mentale des 6–17 ans : des dizaines de milliers d’enfants sous psychotropes, un rapport accablant
- Jean Pierre Meo
- 6 août 2025
- 2 min de lecture
Selon un rapport du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge publié ce lundi, la consommation de médicaments visant à soigner la santé mentale a doublé chez les 6-17 ans, sans s’attaquer à la racine du mal

Le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) vient de publier un rapport sur le mal-être des jeunes de 6 - 17 ans, qui fait l’effet d’une bombe. Selon le Parisien qui en fait écho, alors que les enfants sont plus souvent sujets à des angoisses, dépression et troubles de l’humeur, notamment depuis les épisodes Covid, la méthode pour les soigner a été une médicamentation massive.
« Ce phénomène de surmédication ne concerne pas des cas isolés mais bien des dizaines de milliers d’enfants. Ces niveaux d’augmentation sont sans commune mesure (2 à 20 fois plus élevés) avec ceux observés au niveau de la population générale », indique le rapport. Notamment à l’aide de psychotropes, de puissants modificateurs de comportement et de psychisme. Une utilisation de médicaments qui a doublé entre 2010 et 2022 et place la France « parmi les pays les plus prescripteurs d’Europe », déplore Sylviane Giampino, la présidente du Conseil de l’enfance et de l’adolescence du HCFEA interrogée par le quotidien francilien. Un enfant sur 20 serait concerné.
« Solution de facilité »
Dans le détail, le taux de consommation chez les moins de 20 ans a augmenté de + 48,54 % pour les antipsychotiques, + 62,58 % pour les antidépresseurs, + 78,07 % pour les psychostimulants (type ritaline), + 155,48 % pour les hypnotiques et sédatifs. Des prescriptions faites sans autorisation de mise sur le marché, les médicaments appropriés n’existant pas pour les enfants. « Les enfants issus des milieux défavorisés présentent des risques accrus de médication », pointe également le rapport.
Une méthode médicale qui privilégie donc le traitement des symptômes sans se préoccuper de la racine du mal : pression scolaire, stress des réseaux sociaux, addiction aux écrans, angoisses environnementales… « Nous ne remettons pas en cause l’utilité de ces médicaments ni leur prescription, mais nous sommes pour un rééquilibrage et alertons sur le déficit des autres formes d’aide et de soin apportés, et cela est bien antérieur à la crise du Covid », explique Sylviane Giampino.
« Une solution de facilité, qui comporte des effets secondaires importants et pas adaptée au cerveau de l’enfant, sans suivi ni accompagnement nécessaire », explique une pédo psychiatre dans les colonnes du Parisien. À mesure que la souffrance psychique des enfants est mieux détectée, cette hausse des prescriptions accompagne depuis dix ans la baisse du nombre de places de pédopsychiatrie en instituts ou hôpitaux qui ne permet plus de prise en charge dans le délai raisonnable de 6 à 18 mois.
Une situation qui entraîne une « aggravation de l’état de santé des enfants », une « augmentation des hospitalisations en urgence, des passages à l’acte suicidaires et de suicides chez l’enfant et l’adolescent ». Et « faute de soins adaptés, le recours à la seule prescription de médicaments psychotropes ».
Sources : sudouest.fr












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