Et si ChatGPT était en train de nous ramollir le cerveau sans qu’on s’en rende compte ?
- Jean Pierre Meo
- 29 juil. 2025
- 3 min de lecture
L'intelligence artificielle transforme notre quotidien, mais à quel prix pour nos capacités cognitives ? Une récente étude du MIT Media Lab soulève des inquiétudes sur l'impact de ChatGPT sur notre intelligence. Les chercheurs observent un affaiblissement progressif des connexions mentales chez les utilisateurs réguliers de cette technologie. Quels sont les risques d'une dépendance excessive à ces assistants virtuels ?

L'arrivée des grands modèles de langage comme ChatGPT fin 2022 a révolutionné notre façon d'accomplir de nombreuses tâches intellectuelles. Recherche d'informations, rédaction de textes, programmation ou aide éducative, ces outils promettent efficacité et gain de temps. Mais cette délégation cognitive pourrait avoir un coût inattendu pour le cerveau humain, comme le suggère une étude américaine publiée en juin 2025. Les résultats, bien que préliminaires, soulèvent des questions essentielles sur notre relation avec l'intelligence artificielle.
Au sommaire
Des chercheurs du MIT Media Lab (Massachusetts Institute of Technology) ont mené une expérience sur quatre mois auprès de 54 adultes âgés de 18 à 39 ans. Leur objectif était d'évaluer l'impact de l'utilisation régulière de ChatGPT sur les capacités cognitives. Les participants ont été répartis en trois groupes distincts pour rédiger des textes argumentatifs mensuels :
L'originalité de cette recherche réside dans son approche neuroscientifique. Donc, l'activité cérébrale des participants était analysée via électroencéphalogramme (EEG) durant chaque session d'écriture. Les résultats, publiés sur la plateforme arXiv n'ont pas encore fait l'objet d'une validation par les pairs, mais les tendances observées méritent attention.
L'étude révèle une homogénéisation troublante des productions écrites dans le groupe utilisant ChatGPT. Contrairement à la diversité d'approches constatée chez les participants travaillant sans assistance, ceux recourant à l'IA ont produit des textes remarquablement similaires entre eux, témoignant d'une uniformisation de la pensée.
Les données neurobiologiques collectées dans cette recherche renforcent les inquiétudes concernant l'impact cognitif des assistants IA. Au fil des sessions, les chercheurs ont observé une sous-activation progressive des réseaux alpha et bêta chez les utilisateurs de ChatGPT, des zones cérébrales cruciales pour plusieurs fonctions cognitives essentielles :
Les capacités de concentration.
L'effort cognitif soutenu.
Les mécanismes d'attention.
Le traitement complexe de l'information.
Ce phénomène suggère que la délégation répétée de tâches intellectuelles à une intelligence artificielle pourrait entraîner une forme d'atrophie cognitive. Le cerveau, face à un assistant qui prend en charge la réflexion, réduirait progressivement son niveau d'engagement. Cette tendance évoque l'adage use it or lose it (« utilise-le ou perds-le ») bien connu des neuroscientifiques.
Les réseaux neuronaux sollicités lors d'activités comme la rédaction argumentative se trouvent moins stimulés quand l'IA intervient. À terme, cette sous-stimulation pourrait affaiblir certaines compétences fondamentales comme l'analyse critique, la structuration de la pensée ou la créativité conceptuelle.
Face à ces observations préoccupantes, il devient essentiel de repenser notre relation avec les outils d'intelligence artificielle. Les chercheurs du MIT ne condamnent pas l'utilisation de ChatGPT en soi, mais alertent sur les risques d'une dépendance excessive. L'enjeu semble être de trouver un équilibre permettant de bénéficier des avantages de l'IA sans compromettre nos capacités cognitives.
Ces résultats préliminaires appellent à des recherches complémentaires sur des échantillons plus larges et diverses populations. L'impact pourrait varier selon l'âge, l'éducation ou les habitudes numériques préexistantes. Les cerveaux en développement des enfants et adolescents pourraient être particulièrement vulnérables à ce phénomène de délégation cognitive.
À l'heure où les assistants IA s'intègrent dans toutes les sphères d'activité, de l'éducation au monde professionnel, cette étude invite à une réflexion plus profonde sur nos choix technologiques. L'intelligence artificielle doit rester un outil au service de notre pensée, non un substitut à notre réflexion personnelle.












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