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Quand la technologie sert à sensibiliser au handicap

Un grand pas vient d’être franchi : des scientifiques rendent un rein compatible à un receveur, et à lui greffer !


Chaque année, des centaines de patients meurent faute de greffons compatibles, malgré les avancées médicales. Et si la solution ne consistait plus à adapter le patient à l’organe… mais l’organe au patient ? Une récente étude révèle une technique prometteuse pour « universaliser » certains greffons en modifiant leur groupe sanguin. Une piste qui pourrait révolutionner la transplantation d’organes.



Au sommaire



L'année dernière en France, selon l'Agence de Biomédecine, près de 1 000 personnes en attente de greffe sont décédées faute d'organes disponibles. Si ce chiffre est en diminution par rapport à 2023 (-10 %), il reste une préoccupation majeure pour les patients, les familles et les médecins. La faible disponibilité des greffons explique une partie du problème, mais l'incompatibilité entre donneur et receveur est aussi un obstacle majeur.


Surmonter les problèmes d’incompatibilité


On parle d'incompatibilité lorsque les groupes sanguins du donneur et du receveur ne sont pas les mêmes. À la surface des organes ou des vaisseaux sanguins, il y a des sucres amarrés sur les membranes cellulaires. Ces sucres sont des antigènes qui peuvent être détectés par le système immunitaire du receveur.


Si le donneur a le même groupe sanguin que le receveur (A, B ou O), le greffon va être toléré. Mais si le système immunitaire du receveur détecte un antigène incompatible, il peut l'attaquer. C'est le rejet de greffe. Les greffons de personne du groupe O - qui correspond à une absence d'antigène (on parle de donneurs universels) - peuvent en revanche être greffés indifféremment sur des receveurs des groupes A, B ou O. Ils sont donc très recherchés.


Problème : les patients de type O, qui représentent plus de la moitié des personnes en attente d'une greffe de rein, ne peuvent recevoir que des organes de type O... qui sont souvent donnés à d'autres personnes, puisqu'universellement compatibles. En fin de compte, les patients de type O attendent généralement deux à quatre ans de plus, et beaucoup meurent avant d'avoir reçu une greffe.

Le saviez-vous ?


Selon l’Agence de Biomédecine, en France, en 2024 :


  • 22 585 patients étaient en attente d’une greffe ;

  • 852 personnes sont décédées faute de donneur ;

  • le rein est l’organe le plus souvent greffé : 3 757 transplantations pour 1 439 transplantations hépatiques (foie), 414 cardiaques, 323 pulmonaires, 91 pancréatiques, 9 cardio-pulmonaires et 1 intestinale ;

  • Parmi ces greffes, 614 avaient été faites à partir de donneur vivant ;

  • Dans 36,4 % des cas de donneurs potentiels, il y a une opposition au prélèvement d’organe de la part des proches.

Éviter les traitements lourds


Il est possible de surmonter l'incompatibilité en éliminant, chez les receveurs, les anticorps dirigés contre les antigènes du non-soi (filtration du sang) et en abaissant ses défenses immunitaires (traitement immunosuppresseur). Cette approche est donc très contraignante, notamment en raison de la lourdeur des traitements qui nécessitent plusieurs jours avant l'opération pour être réellement efficaces, mais aussi du fait qu'elle nécessite des organes provenant de donneurs vivants.


Mais ceci pourrait bien changer. Selon une nouvelle étude publiée dans Nature Biomedical Engineering, pour surmonter les problèmes d'incompatibilité, il serait possible de modifier l'organe à greffer plutôt que le système immunitaire du receveur.


Traiter les greffons pour les rendre « universels »


Les auteurs, des chercheurs chinois et canadiens, ont utilisé deux enzymes capables d'éliminer très efficacement le sucre qui définit le groupe sanguin A (antigène) et donc de le convertir en groupe O universel. Elles agissent donc comme des ciseaux moléculaires coupant l'« étiquette » qui marque le groupe A, révélant ainsi le groupe O en dessous.


Ces deux enzymes avaient précédemment fait la preuve de l'efficacité de leurs capacités de conversion sur des poumons, du sang et des reins.


Dans cette nouvelle étude, les chercheurs expliquent comment ils sont parvenus à modifier les marqueurs antigéniques d'un rein d'un donneur A pour les transformer en marqueurs antigéniques O, puis de le transplanter avec succès sur un receveur en état de mort cérébrale.


Les résultats montrent que le rein a permis de produire de l'urine et surtout qu'aucun signe de rejet n'a été détecté. Si le receveur est décédé au bout de deux jours (ce qui était davantage lié à son état de santé défaillant et aux nombreuses biopsies réalisées dans le cadre de l'étude), cette étude permet d'entrevoir la possibilité d'effectuer les transplantations plus rapidement et avec moins de complications.


Même si les résultats sont préliminaires, ils sont très enthousiasmants, d'autant plus que cette approche pourrait également permettre l'utilisation d'organes de donneurs décédés dont le groupe sanguin est incompatible, à un moment où chaque heure compte pour la survie du patient.

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